
Sans ego, pas d’instinct de survie. Sans instinct de survie, pas d’homo sapiens survivants, donc pas de barbecue, pas d’autoroutes à perte de vue, de gratte-ciels ou de déclaration d’amour. Sans ego, une humanité terrassée très tôt par ces solides gaillards d’ours bruns. L’ego vous dit tout bas qu’il faut vous lever ce matin pour montrer au monde ce dont vous êtes capable. L’ego vous maintient dans la compétition sans fin pour avoir le job qui étincelle, la moto qui fait plus vroom ou la maison qui fait rêver dans les chaumières. L’ego est votre dictateur ou votre pilote automatique selon les jours. Après, c’est une fois de plus une question de dosage, cher enfant sage.
L’ego est votre drogue ? Dans ce cas, vous avez sûrement toujours raison et vous fréquentez des gens qui vous mettent en valeur. A l’autre extrême, l’ego flamboyant n’est pas dans vos moyens ? Alors l’humilité est sans doute votre noble flambeau : profil bas en toutes circonstances et risque minimum de passer pour ce que vous n’êtes pas.
Mais ne pas avoir besoin de se flatter, cela peut finalement être le comble de l’assurance et de la haute estime de soi… Qui est le plus fat : celui qui a besoin de se rassurer en roulant des mécaniques ou celui dont la modestie feinte n’attire que plus de compliments ? Etes-vous un vrai vaniteux qui se la pète ou un faux vantard qui cherche surtout à s’auto-persuader ? Etes-vous un faux humble qui n’ose pas se vanter ou un vrai modeste qui ne connaît pas le tiers de ses qualités ? Ayons l’élégance de nous poser modestement la question…
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